[6] 01. Alone and unaware, the landscape was tranformated in front of your eyes

01. Alone and Unaware, the landscape was tranformated in front of your eyes.
(Red Sparowes)

Sa musique me faisait penser à ce genre de personnes qui voyaient en un nuage ou une vieille souche d'arbre une forme étrange, inédite: une créature tendant les bras, le profil d'une vieille femme, des figures bizarres et mystiques; elle me faisait voir un de ces êtres chétifs et penseurs dont les poils se hérissent, et la peau frissonne, lorsqu'ils marchent dans le noir, le soir, et qu'une lumière perce au bout d'une rangée d'arbres penchés sur le chemin comme autant de mauvaises fées. C'était une musique visuelle, qui vous atteignait au fond de vous même et qui par ces images cherchait à déclencher un processus très profond et très humain, à réveler des sentiments qui était 'métaphorisés' musicalement: la lassitude, la souffrance, la haine, la peur de l'inconnu et l'attirance du danger.

[C'était prévisible: vous ne comprenez pas. Vous entendez le concept, mais ne le ressentez pas physiquement, ce trésaillement caractéristique d'une musique qui vous touche.]

Les idées semblent ne pas voir de lien entre elles, mais en fait, si. C'est inconscient. A vous de juger.

Je sens cette colère, cette putain de colère qui monte en moi, une rage sourde d'être impuissant face aux événements. Le tumulte des larmes fictives qui se muent en flammes brûlantes de nervosité.
(Parce que ce serait trop facile si on pouvait toujours faire comme si de rien était, et parce que je crois que c'est pour cela que nous sommes humains)
Et là surgit en moi une envie de crier, de hurler, de tout détruire comme une tornade, comme un putain de coup de vent, furieux et injuste, ne laissant derrière lui rien qu'une étendue de désolation, n'épargnant pas les plus faibles, s'acharnant sur tout ce qui est vivant et et qui me rappelle à quel point j'existe, et à quel point nous sommes médiocres, moi et ma souffrance, ouais, s'acharnant sur tout ce ce qui est comme le sort s'est acharné sur moi.

Mais au final je ne suis pas actif dans tout cela. J'ai l'impression d'être assis, admirant le paysage agréable, ne soupçonnant pas le désastre, un peu comme ces touristes qui ne soupconnent pas les bidonvilles derrière leur coucher de soleil à cap cabana . Je regarde, contemplatif de ce qui pourrait être une vie épanouie, ne prêtant pas attention à ce léger désaccord qu'exprime mon inconscient. Puis tout cela vient, grossit, une tâche noire à l'horizon qui assombrit rapidement mon univers. Tout se plonge dans une misère noire, cauchemardesque, les hommes qui peuplent mes rêves s'enfuient, estropiés, leur visage exprimant un hurlement de terreur, mais le tableau reste silencieux.

Et la lumière s'éteint mais des flammes montent vers le ciel désormais invisible.



Alone and unaware, the landscape was transormated in front of your eyes
# Posté le mardi 01 janvier 2008 17:54
Modifié le mardi 16 décembre 2008 15:55

[7] Tribes of neurot

 Tribes of neurot
Sombre déchirement de l'âme

Déchaînement sensoriel violent, affolant.

Terrifiante noirceur de l'abysse qui s'ouvre devant soi. Plus que sa profondeur, ce noir, vide, néant, presque antimatière de ce qui est. Un esprit qui s'accroche à des choses que personne ne voit, dont personne ne soupconne l'existence.

Incompréhension mutuelle. Et le gouffre se creuse.




Au delà du Rien, une voix. Déformée par la distance, elle s'exprime à intervalles réguliers, comme un signal. Geignante autant que désabusée, elle flotte dans une viscosité de songes, se perd, s'abîme sans jamais se noyer. La voix se fait entendre pour manifester de présence. Quelque chose rôde, on le devine par un bruit sourd, cyclique. Massif, inquiétant, il empêche le développement de la pensée. Celle-ci reste brute, primaire, animale. Une mélancolie domine ce Tout. On sent presque les pleurs emporter toute preuve de vie. Elle ne meuble pas le Néant, ne l'emplit pas de sa douce présence mais le renforce, l'intériorise.

Tout cela annihile toute autre conception de quoi que ce soit d'autre. Seul le Noir est Vrai, on en a l'absolue certitude dans ce réel flottement.




Les parasites s'adressent à toi à la périphérie de ton cerveau. Leurs entêtantes mélopées ne parviennent qu'à t'enfoncer un peu plus dans ta douce torpeur, autodestruction plus ou moins consciente.

L'inaction te rend autre. Concentré sur la perception. L'espoir te fait entendre des sons qui n'existent qu'en toi. Apocalyptiques, dérangeants, insupportables. Mais tu ne peux t'empêcher d'écouter. Une fascination malsaine t'entraîne à poursuivre, à te faire du mal. Une harmonie dévastatrice règne dans ce carphanaüm. Dès qu'un son s'arrête, un autre reprend, dans une symphonie de texyures sonores innatendues, inédites, jamais perçue par l'oreille humaine. Tu t'habitues, apprécies, espères ces sons morbides.

Il fait froid.

Le silence se peuple,

Déséquilibré.




Lorsque tout cela s'arrête, tu es seul.
# Posté le dimanche 13 janvier 2008 12:01
Modifié le mardi 16 décembre 2008 15:55

.

F O R G E T




.
# Posté le lundi 24 novembre 2008 15:41
Modifié le mardi 25 novembre 2008 14:50