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[7] Tribes of neurot

 Tribes of neurot
Sombre déchirement de l'âme

Déchaînement sensoriel violent, affolant.

Terrifiante noirceur de l'abysse qui s'ouvre devant soi. Plus que sa profondeur, ce noir, vide, néant, presque antimatière de ce qui est. Un esprit qui s'accroche à des choses que personne ne voit, dont personne ne soupconne l'existence.

Incompréhension mutuelle. Et le gouffre se creuse.




Au delà du Rien, une voix. Déformée par la distance, elle s'exprime à intervalles réguliers, comme un signal. Geignante autant que désabusée, elle flotte dans une viscosité de songes, se perd, s'abîme sans jamais se noyer. La voix se fait entendre pour manifester de présence. Quelque chose rôde, on le devine par un bruit sourd, cyclique. Massif, inquiétant, il empêche le développement de la pensée. Celle-ci reste brute, primaire, animale. Une mélancolie domine ce Tout. On sent presque les pleurs emporter toute preuve de vie. Elle ne meuble pas le Néant, ne l'emplit pas de sa douce présence mais le renforce, l'intériorise.

Tout cela annihile toute autre conception de quoi que ce soit d'autre. Seul le Noir est Vrai, on en a l'absolue certitude dans ce réel flottement.




Les parasites s'adressent à toi à la périphérie de ton cerveau. Leurs entêtantes mélopées ne parviennent qu'à t'enfoncer un peu plus dans ta douce torpeur, autodestruction plus ou moins consciente.

L'inaction te rend autre. Concentré sur la perception. L'espoir te fait entendre des sons qui n'existent qu'en toi. Apocalyptiques, dérangeants, insupportables. Mais tu ne peux t'empêcher d'écouter. Une fascination malsaine t'entraîne à poursuivre, à te faire du mal. Une harmonie dévastatrice règne dans ce carphanaüm. Dès qu'un son s'arrête, un autre reprend, dans une symphonie de texyures sonores innatendues, inédites, jamais perçue par l'oreille humaine. Tu t'habitues, apprécies, espères ces sons morbides.

Il fait froid.

Le silence se peuple,

Déséquilibré.




Lorsque tout cela s'arrête, tu es seul.

# Posté le dimanche 13 janvier 2008 12:01

Modifié le mardi 16 décembre 2008 15:55

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